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Maison de la Philosophie

Gorgias

Conférence  par Brigitte Boudon

Le Gorgias est un dialogue critique, qui juge et condamne, mais c’est aussi une œuvre militante, qui défend une cause et exhorte à s’y rallier.

La critique : celle de la rhétorique, mais aussi celle de la politique que la rhétorique sert.

La cause : celle de la philosophie.

 

La critique de la rhétorique a pour motif la défense de la philosophie. Or chacun de ces deux partis, rhétorique et philosophie, possède ses défenseurs.

 

La rhétorique est représentée par trois personnages : Gorgias, Polos et Calliclès, qui incarnent chacun trois manières différentes d’être rhéteur, et qui, l’un  après l’autre, tentent de justifier la rhétorique. Face à eux trois, Socrate apparaît comme le champion de la philosophie. Cette confrontation reste sans résolution bien nette …Certes, Socrate paraît avoir le dernier mot, mais ses trois interlocuteurs ne sont pas convaincus et restent sur leurs positions. Le débat reste ainsi ouvert.

 

Le dialogue du Gorgias est scandé par les changements d’interlocuteurs.

Socrate s’entretient avec Gorgias, puis avec Polos, enfin avec Calliclès, avant de ne parler qu’avec lui-même. Il se conclut sur un mythe que Socrate raconte, et qui semble valoir comme la conclusion du dialogue.

 

Gorgias et Socrate : comment définir la rhétorique ?

 

Socrate interroge Gorgias pour savoir en quoi consiste la rhétorique qu’il enseigne et pose les conditions d’un véritable dialogue.

 

Aux questions de Socrate, Gorgias finit par répondre que la rhétorique est l’art des discours, qui sont destinés à persuader les tribunaux, ou toutes les autres assemblées, et portent sur le juste et l’injuste.

 

Texte page 135  (édition Garnier-Flammarion)

 

Socrate suggère alors de définir la rhétorique comme celle qui produit le sentiment de conviction. Reste à savoir en quoi consiste un tel sentiment de conviction. Est-il l’effet d’un savoir ? Ou bien dépend-il d’une simple croyance ?

 

Texte page 139-142

 

Gorgias répond que la rhétorique produit la conviction en faisant croire à ce qu’elle dit, qu’elle s’est ainsi acquis une extraordinaire puissance puisqu’elle peut persuader ceux qu’elle veut, sans même connaître ce qu’elle fait croire. Mais, ajoute Gorgias, une telle puissance ne doit pas être utilisée abusivement. Il faut s’en servir avec justice, et s’il arrive que certains individus en usent mal, ce ne sont ni la rhétorique ni les maîtres de rhétorique qu’il faut accuser.

 

Texte page 143-144

Quels sont les rapports de la rhétorique et de la justice ?

 

Faut-il qu’un orateur acquière la connaissance de la justice avec l’art de la rhétorique ? Gorgias répond que oui. Lui-même, dans son enseignement, fait apprendre la justice à ceux qui ne la connaissent pas déjà. Alors, Socrate soulève une difficulté : si tous les orateurs qui pratiquent la rhétorique, sont censés connaître la justice, comme est-il possible qu’un orateur se serve injustement de son art rhétorique ?

 

Avant que Gorgias n’ait pu répondre, Polos intervient brusquement et reproche à Socrate d’induire Gorgias en erreur. Là s’arrête le dialogue avec Gorgias.

 

Polos et Socrate : la rhétorique est une flatterie ; le seul bien est la justice.

Au lieu de répondre aux questions de Socrate, Polos demande à Socrate quel art est selon lui, la rhétorique. Socrate répond que pour lui la rhétorique n’est pas un art, mais un procédé empirique qui relève de la flatterie. Par flatterie, il entend la contrefaçon d’un art, qui ne vise qu’au plaisir et non pas au bien.

 

Par exemple, la cuisine serait une contrefaçon de la médecine.

L’esthétique une contrefaçon de la gymnastique.

Elles ne recherchent que le plaisir du corps.

 

La rhétorique une contrefaçon de la justice

La sophistique une contrefaçon de la législation

Elles cherchent le plaisir de l’âme, en la flattant.

 

A cette description de la rhétorique, Polos oppose la toute-puissance politique des orateurs et que cette puissance leur apporte le bonheur.

 

Socrate réfute cette thèse en disant qu’il n’envie pas l’homme qui est à même de faire ce qu’il veut dans sa propre cité, si une telle liberté est celle d’accomplir toutes sortes d’actions injustes. Car commettre l’injustice est le plus grand mal, le seul bien est la justice.

 

Texte page 174

 

Socrate soutient que l’homme injuste ne peut pas être heureux, et il va encore plus loin en disant que l’homme injuste qui reste impuni est encore plus malheureux que celui qui est puni.

 

Pour prouver cette affirmation, Socrate montre que commettre l’injustice est plus laid et donc plus mauvais que la subir  (il vaut mieux subir l’injustice que la commettre) ; la punition délivre l’âme de l’injustice commise, alors que l’impunité ne fait qu’attacher à l’injustice commise.

Texte page 182

Texte page 204-205

Calliclès et Socrate : la force de la nature et son injustice.

C’est alors que Calliclès entre en scène. Calliclès reproche à Socrate de confondre délibérément la nature et la loi.

 

Dans l’ordre de la nature, il n’y a pas d’autre droit que la force, laquelle donne le droit d’avoir plus que les autres. Cette même force vaut dans l’ordre social, où la seule loi qui vaille est la loi de la nature. En revanche, la loi positive, contraire à  la loi de la nature, n’est faite que par les faibles pour garantir leur faiblesse contre la puissance des forts.

 

Texte page 212-213

 

Calliclès admet d’abord que la force des plus forts est la force du plus grand nombre ; puis il affirme que les hommes les plus forts sont les hommes les plus intelligents et les plus courageux, qui savent le mieux agir dans le domaine politique. Enfin, il reconnaît que l’homme le plus fort est l’homme le plus à même d’éprouver de fortes passions, de les entretenir et de les satisfaire.

 

Texte page 229-230

A cette conception de Calliclès, Socrate oppose une allégorie : celle des êtres insatiables, dont l’âme est comme une passoire, d’où toute satisfaction s’échappe et demande constamment à être renouvelée.

 

Socrate souligne alors que ce qui l’oppose à Calliclès porte sur la plus essentielle des questions : le choix à faire entre deux sortes de vie.

 

L’une est la vie qui s’accomplit dans la cité, avec tous les moyens du pouvoir politique, la rhétorique surtout. Cette vie de politique et de rhétorique n’est possible que par la flatterie.

L’autre est une vie, retirée de la politique, entièrement vouée à la philosophie. C’est une vie indépendante, consacrée au bien de l’âme.

 

Socrate recourt aux exemples historiques : les orateurs, considérés comme les bienfaiteurs d’Athènes, auxquels la Cité a conféré la toute-puissance, ont-ils cherché à améliorer leurs concitoyens (ce qui est la finalité de la politique) ou seulement à les gratifier et à leur faire plaisir ? Le vrai bien que ces orateurs auraient pu donner à leurs concitoyens n’était ni la richesse, ni le prestige, mais la justice, l’ordre et l’harmonie.

 

A ce moment, Calliclès se rebiffe et rompt l’entretien, et affirme par avance qu’il ne se sentira pas réfuté si Socrate découvre une contradiction dans ce qu’il dit.

 

 

Socrate seul : le choix d’une vie de justice et de philosophie.


Dans cette dernière séquence, Socrate fait à lui seul les demandes et les réponses. Il rappelle que ce qui fait le prix de la vie, n’est pas de vivre le plus longtemps possible, mais de vivre selon la justice.

 

Texte page 271-272

Il considère que les grands hommes politiques d’Athènes que Calliclès citait en exemples (Périclès, Thémistocle …) se sont mis au service du peuple, mais ils n ont pas rendu ce peuple meilleur. La preuve en est qu'ils ont tous été, d’une manière ou d’une autre,  victimes de l’injustice de leurs concitoyens. C’est donc qu’ils ne leur ont pas enseigné la justice.

 

Texte page 288-290

Texte page 292

 

Son combat est de ne pas chercher à faire plaisir à l’âme, mais à la rendre meilleure.

Le risque d’être injustement accusé et condamné à mort n’en sera que plus grand pour lui, mais au moins est-il sûr d’éviter l’injustice et de pouvoir se présenter au-devant de la mort, certain d’avoir mené une vie de justice.

 

Texte page 302-303

 

Mythe et conclusion

Le dialogue est terminé et Socrate rapporte un mythe qu’on lui a raconté.

Ce mythe évoque le jugement des morts aux Enfers.

La richesse et le prestige acquis au cours de la vie terrestre n’y ont aucune valeur, seule la bonne qualité de l’âme et l’habitude de justice décident de la destination des morts. Devant le tribunal des morts, aucune dissimulation, aucune illusion, aucune rhétorique ne peuvent rien : l’âme est totalement mise à nu.

 

« Homère rappelle donc que Zeus, Poséidon, et Pluton, quand ils reçurent l’empire de leur père, le partagèrent ente eux. Or, la loi qui, en ce temps-là, régnait chez les hommes était la loi de Kronos, oui, la loi qui, depuis toujours, et encore maintenant, règne parmi les dieux. Voici quelle est cette loi : si un homme meurt après avoir vécu une vie de justice et de piété, qu’il se rende aux Iles des bienheureux et qu’il vive là-bas dans la plus grande félicité, à l’abri de tout malheur ; mais s’il a vécu sans justice ni respect des dieux, qu’il se dirige vers la prison où on paye sa faute, où on est puni - cette prison qu’on appelle le Tartare.

Or, au temps de Kronos, et même au commencement du règne de Zeus, les juges étaient des vivants, qui jugeaient d’autres vivants, et ils prononçaient leur  jugement le jour même où les hommes devaient mourir. Dans de telles conditions, les jugements n’étaient pas bien rendus. En sorte que Pluton et ceux qui surveillaient les Iles des bienheureux reprochaient à Zeus de trouver, dans ces Iles comme dans le Tartare, des hommes qui n’avaient pas à y être. Zeus leur répondit donc : « Je vais mettre un terme à cette situation fâcheuse. En effet, maintenant, les jugements sont mal rendus. La raison en est, expliqua-t-il, que les hommes qu’on doit juger se présentent tous enveloppés de leurs vêtements, puisqu’ils sont jugés alors qu’ils sont encore vivants. Or, nombreux sont les hommes, reprit-il, dont l’âme est mauvaise, mais qui viennent au juge, tout enveloppés de la beauté de leur corps, des hommes qui font voir la  noblesse de leur origine, leurs richesses, et qui font appel, quand l’heure du jugement est venue, à de nombreux témoins, lesquels parlent en leur faveur et déclarent qu’ils ont vécu une vie de justice. Donc, tout cela impressionne les juges, d’autant qu’ils sont eux aussi enveloppés des mêmes choses lorsqu’ils prononcent leurs jugements. Entre leur âme et celle de l’homme qu’ils jugent, ils ont des yeux, des oreilles et tout un corps, dont ils sont enveloppés. Or, c’est justement cela, tout ce qui enveloppe les juges et qui enveloppe les hommes qu’ils jugent, c’est cela qui fait obstacle. Il faut donc d’abord, ajouta Zeus, que les hommes cessent de connaître à l’avance l’heure de leur mort. Car maintenant ils savent d’avance qu’ils vont mourir. Or, je viens justement de parler à Prométhée, pour qu’il leur ôte cette connaissance. Ensuite, il faut que les hommes soient jugés nus, dépouillés de tout ce qu’ils ont. C’est pourquoi on doit les juger morts. Et leur juge doit être également mort, rien qu’une âme qui regarde une âme. Que, dès le moment de sa mort, chacun soit séparé de tous ses proches, qu’il laisse sur la terre tout ce décorum – c’est le seul moyen pour que le jugement soit juste.  Je m’étais bien rendu compte de cela avant vous, j’ai donc fait juges mes propres fils : deux d’entre eux, Minos et Rhadamante, viennent d’Asie et l’autre, Eaque, d’Europe. Quand ils seront morts, ils s’installeront, pour rendre leurs jugements, dans la plaine, au carrefour formé des deux routes qui conduisent, l’une, aux Iles des bienheureux, et l’autre, au Tartare. C’est Rhadamante qui jugera les hommes en provenance d’Asie, tandis qu’Eaque sera le juge de ceux qui viennent d’Europe. A Minos, je donnerai la faculté de juger en dernière instance, au cas où les deux autres juges ne savent pas que décider, afin que ce jugement qui décide la route que chacun doit prendre soit le plus juste possible ». Gorgias.

 

Platon utilise ce mythe pour expliciter sa pensée : la justice, dans ce monde et dans l’autre, consiste à mettre en avant la nécessité de la vie juste. Ne pas connaître le moment de sa mort, se présenter tels que nous sommes réellement et avoir de bons juges, telles sont les trois mesures prises par Zeus pour permettre une véritable justice.

 

D’autre part, Platon explique que les peines encourues sont croissantes en fonction du niveau de responsabilité publique. Un criminel privé a plus de chance de s’améliorer et souffrira moins longtemps qu’un criminel au pouvoir. C’est pourquoi les hommes de pouvoir doivent posséder les vertus morales les plus hautes et encourent les peines les plus lourdes, en cas de défaillance.

 

« Or tout être qu’on punit, et auquel on inflige le châtiment qu’il faut,  mérite de s’améliorer et de tirer profit de sa peine ; ou sinon qu’il serve d’exemple aux autres hommes ; lesquels en le voyant subir les souffrances qu’il subit, prendront peur et voudront devenir meilleurs. »

 

Platon plaide pour une vie philosophique : ce qu’il faut éviter, ce sont les parjures, les injustices, les mensonges, la vanité, la mollesse, la démesure, l’absence de maîtrise dans les actions, une âme pleine de laideur, de désordre, privée de toute dignité. Il faut se nourrir de vérité, vivre une vie de justice, œuvrer toute sa vie pour accomplir la tâche qui nous incombe, sans se disperser. Il ne faut pas cesser de s’examiner, laisser tomber les honneurs, s’habituer à être sincère, essayer d’être aussi bon dans la vie que dans la mort. Il ne nous arrivera rien de terrible si nous sommes vraiment des hommes de bien pratiquant la vertu.

 

Faute de pouvoir réveiller le sens éthique de ses interlocuteurs, par la seule raison, Platon tente de réveiller la conscience endormie des hommes qui l’entourent, par la vision tragique, à la manière du théâtre des mystères. Si la raison ne peut rien n’y faire, au moins par la peur, le doute, un pari raisonnable, vaut-il mieux suivre un mode de vie philosophique. Il se fait affirmatif, il est convaincu par l’histoire qu’il nous conte ;  il « engage » ses interlocuteurs à faire de même, à « entrer dans le combat » ; il « blâme » et décrit « l’heure de la justice » où l’on viendra frapper son interlocuteur « sur la tête ». Face à la mauvaise foi de la jeunesse dorée d’Athènes, Platon prouve connaître ses arguments, et met en évidence le fait que ses opposants n’ont pas de meilleures hypothèses.

 

Les acteurs du Gorgias

Gorgias

Maître incontesté en matière de rhétorique. Originaire de Sicile (483-376).

Sa carrière, son succès, sa popularité le rapprochent beaucoup des Sophistes, ce mouvement culturel apparu à Athènes au cours du Vème siècle. (Protagoras, Hippias, Prodicos, Critias, Antiphon, Thrasymaque, Calliclès). Leur prétention était d’enseigner la vertu et de faire de leurs disciples des hommes appréciés par la Cité et assurés du pouvoir politique.

 

En fait Gorgias n’a pas cette prétention et apparaît surtout comme un maître de rhétorique qui défend le caractère technique de ce qu’il enseigne. Il utilise de nombreuses formules pour capter et convaincre son auditoire.

 

Gorgias est donc un formidable orateur et improvisateur. Il prétendait avoir un savoir total et pouvait parler de n’importe quoi.

 

Les griefs de Platon contre Gorgias :

. La destination de l’art rhétorique : faire passer pour vrai ce qui  ne l’est pas et convaincre de ce dont l’orateur lui-même ne sait pas si c’est vrai ou pas.

. La rhétorique ne s’intéresse pas à la vérité, elle se soucie seulement de l’apparence et du vraisemblable. Elle ne cherche qu’à faire plaisir. Ce n’est donc pas un art, mais une contrefaçon.

 

Polos

Moins connu, aussi originaire de Sicile.

Présenté comme jeune, agressif, impatient et il ne comprend pas l’exigence socratique d’un entretien dialectique. Il défend surtout la toute-puissance que l’on peut obtenir auprès des hommes. Apparence de moralité, même au prix de la plus terrible injustice. Pour l’impunité en cas de crimes commis. Il est le représentant d’une forme d’hypocrisie sociale contre laquelle Socrate s’est battu avec une grande énergie.

 

Calliclès

Le personnage de Calliclès ne nous est connu que par Platon. Il a pourtant sûrement existé.

Violent, riche, ambitieux, il défend et légitime la force de la nature, loue l’action injuste parce qu’il y voit la marque d’une justice supérieure. Immoralisme pur et dur. Il récuse la distinction entre justice et injustice.

 

Son attitude vis-à-vis de la philosophie est double : intérêt et méfiance.

. Intérêt parce que la philosophie peut servir comme un instrument de pouvoir ;

. Méfiance : elle est un moyen et jamais une fin. Encore moins une exigence qui obligerait à se soumettre au débat, à renoncer à la volonté de convaincre et d’imposer ses vues.

Finalement, une hostilité à l’égard de la philosophie, assez répandue dans les cercles politiques athéniens de l’époque.

 

Il est devenu un représentant des adversaires de Socrate, à l’origine de son procès.

 

Socrate

Le personnage de Socrate est l’un des plus poignants des œuvres de Platon.

La mention, plusieurs fois répétée, du risque inhérent au choix de vie de Socrate donne au dialogue un ton de gravité, qui le distingue de l’enthousiasme et de l’ardeur du Banquet ou du Phèdre. Socrate apparaît grave et lucide. Il s’engage ouvertement en faveur de la philosophie, motivé par sa défense d’une moralité de justice.

 

Les convictions de Socrate réaffirmées dans le Gorgias :

-       vertu = connaissance

-       la certitude selon laquelle personne ne fait le mal volontairement et l’injustice est le seul mal

-       la possession d’une vertu fondamentale entraîne celle de toutes les autres

-       la distinction entre la science, l’opinion et la croyance

-       la vérité de la politique réside en la philosophie et la légitimité politique doit venir d’un gouvernement des sages

-       le besoin d’admettre des réalités uniques et stables qui garantissent la vérité.

 

Ce sont des thèses que l’on retrouve dans bien d’autres dialogues, mais ici affirmées avec beaucoup de conviction.

 

Socrate est à la fois au centre de l’espace politique et en dehors. Montre le décalage entre les valeurs fondatrices de la Cité et celles qui guident l’action politique concrète des citoyens d’Athènes.

 

Brigitte Boudon

Note :

Les pages des textes cités correspondent à l’édition Garnier-Flammarion.