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Jeudis Philo

Saint Augustin (354 - 430)

Conférence par Brigitte Boudon

 

L’existence et l’œuvre de saint Augustin sont parmi les plus singulières de l’histoire occidentale. Elles le doivent d’abord à la situation historique et biographique du personnage. Saint Augustin a vécu en effet à la charnière de l’antiquité et du Moyen Age, dans les dernières décennies de l’Empire romain.

 

Né en 354, mort en 430, il connaît des événements exceptionnels : le triomphe du christianisme, seule foi autorisée dans l’Empire depuis l’interdiction des cultes païens en 396 ; le sac de Rome par les barbares d’Alaric en 410, choc pour les mentalités de l’époque habituées depuis des siècles à la puissance romaine ; plus grave encore, la désagrégation de l’Empire qui chutera définitivement moins d’un demi siècle après sa mort.

 

Saint Augustin lui-même est le reflet d’une époque de transition. Né d’un père païen, mort assez jeune et d’une mère chrétienne qui devait exercer une influence importante sur son fils, Augustin ne se convertit au christianisme qu’à l’âge de trente-deux ans. Sa pensée connaît un itinéraire éclectique avant sa conversion au christianisme.

 

Après sa conversion, il est nommé évêque et dès lors commence une longue période de labeur et de controverses au cours de laquelle il approfondit sa pensée au contact des diverses déviations et hérésies qui se font jour dans les positions théologiques de nombreux chrétiens. Son œuvre est immense et son influence ne cessera de se faire sentir tout au long du Moyen Age.

 

La postérité retiendra de son enseignement divers aspects : son itinéraire personnel, la finesse de ses analyses psychologiques, la difficulté à vaincre certaines réticences intellectuelles d’un homme formé à la culture antique, une réflexion très riche sur Dieu, la Trinité, l’âme humaine. Ses Confessions constituent le document le plus important pour la compréhension de sa personnalité.

 

1. La vie de Saint Augustin

 

Saint Augustin, citoyen romain, est né à Thagaste en 354, d'un père païen et d'une mère très chrétienne, sainte Monique. A l'âge de 18 ans, il avait été tenté, et le sera pendant neuf ans, par le manichéisme qui exposait le tragique conflit entre le Bien et le Mal, un dualisme qui expliquait à la fois la beauté du cosmos et les désordres du monde vivant. Pour échapper à ce mal matériel, les Manichéens prônaient un ascétisme rigoureux car l’idéal de toute vie est de parvenir à dégager de la matière qui les entoure les parcelles de lumière qui se trouvent en chacun.

 

A Milan, en 386, Augustin découvre le néo-platonisme. La lecture des Ennéades de Plotin achève cette mutation intellectuelle : enfin, il connaissait une philosophie qui pouvait fonder une foi religieuse : il découvre alors l'être éternel et immuable, réalité immatérielle transcendant son esprit.

 

En outre, il trouve, en lisant les Epîtres de saint Paul, que la sagesse entière est contenue dans la foi au Christ sauveur. La sagesse se révèle alors à lui comme une intelligence de la foi. Il était prêt à ce saut vers Dieu que fut sa conversion en 386. La scène est bien connue : dans le jardin de sa maison à Milan, il entend une voix qui vient de la maison voisine et qui lui dit : Tolle, lege, Prends, lis ! Prends lis ! Prenant le livre de l’Apôtre Paul, il lit ce qui lui tombe sous les yeux :

 

Ne vivez pas dans les festins, dans les excès de vin, ni dans les voluptés impudiques ni dans les querelles et les jalousies ; mais revêtez-vous de Notre Seigneur Jésus Christ et ne cherchez pas à contenter la chair dans ses convoitises.

 

Moins d’un an plus tard, Augustin fut baptisé. Il répondit plus tard à l'appel des Chrétiens d'Hippone, devint leur evêque et le resta jusqu’à sa mort. Il dut alors faire face aux querelles des Donatistes. Le parti donatiste regroupait les partisans de la rigueur envers ceux qui avaient failli lors de la persécution, ceux qui avaient renié leur foi pour échapper au martyre (les lapsi).  Dans chaque cité, s'opposaient les donatistes aux partisans de la réintégration des lapsi dans les communautés chrétiennes. Les Donatistes érigèrent une contre-Eglise développant une hiérarchie parallèle. Constantin intervint pour soutenir l'Eglise officielle d'Afrique. La conférence de Carthage en 411 aboutit à la condamnation du donatisme.

 

Le concile de 411 condamna également la doctrine d'un moine, Célestius, qui se réclamait de l'enseignement de Pélage, moine breton très influent dans les milieux aristocratiques romains et qui défendait le libre arbitre. Les controverses pélagiennes occupèrent Augustin jusqu'à sa mort. C'est à la théologie qu'il développa contre eux qu'Augustin doit d'être passé à la postérité comme le grand docteur de la grâce et de la prédestination. Sans cesse, Augustin s'efforçait de réfuter leurs erreurs doctrinales. La pensée d'Augustin n'est pas séparable de sa vie : elle se développe dans les polémiques et les sermons d'Hippone à partir de 395.

 

Ses œuvres : une théologie occasionnelle

 

Sa créativité littéraire impressionnante est souvent la marque des combats qu’il mena contre les différentes hérésies. Son œuvre est immense : 113 traités dont certains de dimensions considérables comme la Cité de Dieu, le De Trinitate, plus de cinq cents Sermons, deux cent dix huit Lettres... C’est souvent l’événement qui inspire Augustin pour la rédaction d'un traité, c’est pourquoi on trouve à son sujet l’expression d’une «théologie occasionnelle ». Jusqu’à la fin de sa vie, il réfute des points d argumentation de ceux qui furent ses adversaires : il écrivit contre les païens, contre les astrologues, contre les Juifs, contre les manichéens, contre les donatistes, contre ies pélagiens, contre les ariens...

 

Mais surtout, il commente inlassablement l'Ecriture, qui est comme pour tous les Pères de l'Eglise, la source de toute la doctrine chrétienne : son œuvre doctrinale est des plus importantes. Il est également le père du latin ecclésiastique à une époque où le grec dominait dans les écrits patristiques.

 

2. "Les Confessions" de Saint Augustin

 

Le titre de l'ouvrage le plus célèbre d’Augustin en indique le propos : Augustin avoue à Dieu ses péchés et le loue pour sa miséricorde. Augustin n’expose pas une version idéalisée de sa vie comme dans les habituels récits autobiographiques mais ses faiblesses. L'œuvre tout entière est adressée à Dieu. La Vérité s'y dégage progressivement par approfondissement et opposition du péché et de l'erreur face aux perfections de l'Eternel.

 

Le succès des Confessions, rédigées entre 397 et 400, fut considérable. Après la mise en circulation des neuf premiers livres qui racontent son itinéraire jusqu’au baptême, les lecteurs demandèrent une suite : les quatre derniers livres ne sont donc plus une Confession du passé mais du présent. Dans les dix premiers livres, Augustin médite sa vie, et dans les trois derniers, il commente le récit de la Création. Les trois derniers livres confèrent donc tout leur sens à l'itinéraire de la conversion : la Bible est la grille de lecture qu'Augustin applique à sa propre existence.

En s'appuyant sur l'Ecriture et en utilisant des concepts de Plotin, Augustin dégage la portée universelle de son expérience personnelle. Les Confessions sont donc bien plus qu'une autobiographie.

 

 

Le récit de sa conversion : la scène du jardin de Milan

Confessions – livre VIII – chapitre XII

 

Thèmes développés :  les débuts de l’introspection psychologique et philosophique. La notion d’homme intérieur.

 

1) Augustin est un converti ; il développe une théologie de la conversion, une théologie de la rupture, avec un avant et un après. Il vit d’ailleurs une triple conversion : au manichéisme, au néoplatonisme, enfin au christianisme. Il reste d’ailleurs très platonicien dans sa vision de l’homme.

 

Les Confessions ne sont pas une narration ; c’est une autobiographie mais surtout un texte théologique. Il raconte sa vie à la lumière de Dieu. Il s’adresse directement à Dieu mais aussi à d’autres hommes. Il revit sa vie de manière providentielle ; il en fait une lecture rétrospective.

 

2) Augustin est le fondateur de l’introspection (intro-spectare : regarder en soi-même). C’est une idée nouvelle, différente du Connais-toi toi-même socratique. Augustin, à la suite de Saint Paul, développe ce mouvement d’entrée en soi-même. Si Dieu habite en l’homme, il faut regarder en soi pour le trouver.

 

La conversion , c’est aussi se tourner vers soi-même, vers l’intérieur, à l’opposé du divertir, se détourner de soi-même, chercher à l’extérieur de soi-même.

 

 

3. La pensée de Saint Augustin

 

Le thème central de sa pensée est d’apprendre à connaître Dieu et à connaître l'homme : dialogue ininterrompu entre un homme et son dieu. On y est toujours ramené au rapport, au dialogue de l'homme avec Dieu.

 

L'introduction de ses Confessions témoigne de son inquiétude :

"Vous nous avez créés pour vous et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Vous."

 

L’inquiétude caractérise l’état de l'homme en marche vers sa fin, c'est-à-dire vers Dieu en qui seul il peut trouver le repos, la plénitude de son être. La voie adoptée par St Augustin pour la connaissance de soi a comme caractéristique son abandon à Dieu. C’est dans la foi que l’homme peut développer sa faculté de connaître, comme réciproquement, la connaissance renforce la foi :

"Crois pour comprendre, comprends pour croire. Crede ut intelligas ; intellige ut credas."

 

La foi, don de Dieu, doit être nourrie, soutenue par l’exercice, d’une raison humaine. La foi cherche Dieu mais c’est l’intelligence qui le trouve. Où ? D’abord, dans toute vérité éternelle, comme le sont les vérités mathématiques, reflet de la splendeur divine.

 

Les Idées sont les archétypes de tout être dans l’esprit de Dieu. Le monde créé est la réalisation et le reflet de ces archétypes. Dieu crée le monde à partir du néant. Cela signifie qu’avant la création, il n’y avait ni matière, ni temps. Le temps n’apparaît qu’avec la création et Dieu se trouve ainsi en dehors du temps. S’interroger sur la date de naissance du monde est donc absurde. C’est ainsi que l’on peut comprendre le processus de développement sans avoir à se référer à d’autres causes qu’à l’absolue force créatrice de Dieu.

 

Mais surtout, selon l’enseignement de l’Ecriture, c’est dans l’homme même qu’il faut aller chercher le point de départ de la connaissance de Dieu, puisque l’homme a été fait à son image et à sa ressemblance.

 

C’est dans son traité Sur la Trinité qu’Augustin a le mieux illustré cette méthode d’approche. Si Dieu s’est révélé comme Trinité, il doit bien exister dans l’âme humaine des traces de cette structure divine, des analogies grâce auxquelles nous pourrons saisir quelque chose de ce mystère de Dieu. A travers toute la création, Augustin retrouve un rythme ternaire et notamment dans l’homme : esprit, connaissance, amour ; mémoire, intelligence, volonté.

 

Si faible que soit l’esprit humain, vicié par le péché, l’âme humaine, toujours raisonnable et intelligente, parce qu’elle a été faite à l’image de Dieu, peut, à l’aide de la raison et de l’intelligence, comprendre et voir Dieu.

 

La liberté humaine

 

Partant de l’expérience personnelle de sa propre conversion, Augustin développe une théologie de la grâce qui est fondée sur l’idée que la grâce entraîne l’adhésion de la volonté. En d’autres termes, l’amour de Dieu, que la grâce propose, peut seul entraîner l’adhésion de la volonté.

 

La grâce divine ne supprime pas pour autant la liberté humaine. Le libre arbitre suffit pour faire le mal, mais n’est pas capable, à lui seul, de parvenir au bien. Le secours de Dieu est nécessaire, sous forme de la grâce, pour accompagner, soutenir, nourrir l’action de l’homme vers le Bien.

 

D’où le refus souvent austère, toujours impératif, de la sexualité, de la volonté de puissance, de l’esthétique pour elle-même. Le libre arbitre permet à l’homme d’implorer l’aide de Dieu. La liberté s’exerce dans cette demande du secours de la grâce. Elle ne se réalise pas dans l’accomplissement du Bien. La libération du péché par la grâce est une œuvre de longue haleine, qui ne sera achevée qua dans la vision béatifique de Dieu.

 

Le libre arbitre dans le péché :

 

C’est le péché qui détourne l’homme du bien originel pour lequel il est fait.

 

Dans Le Libre arbitre, Augustin distingue 2 sens de la liberté :

. libertas : la tendance naturelle de l’homme à être attiré vers le Bien ; la vraie liberté, c’est l’attirance vers Dieu. Le péché, c’est se détourner du Bien.

. libre arbitre : un pouvoir de choix qui peut faire aller jusqu’à refuser ce qui est mon Bien.

 

Le péché, c’est refuser le bien, en sachant qu’il est le bien. Choisir l’inverse de son bien, c’est le péché.

 

Le péché se fait par malice

 

Exemple du vol de la poire , le plaisir du fruit défendu.

Les Confessions – Livre II – chapitres IV à IX

 

. un péché sans impuissance : le péché dont je sais que j’aurais pu ne pas le faire.

. un péché sans ignorance : je sais que je ne devrais pas le faire et je le fais quand même.

 

Ceci est fondamental car la grâce de Dieu sera à proportion de la malice de l’homme. Plus l’homme va loin dans la malice, plus Dieu ira loin pour le rejoindre.

 

 

Le concept fondamental de l’éthique est l’amour qui coïncide avec la volonté.

Le but de l’effort humain est le bonheur. L’homme ne l’atteint pas en satisfaisant son appétit de biens matériels particuliers, mais en Dieu conçu comme immuable. Dieu a créé l’homme à son image et c’est seulement en lui que l’homme peut trouver l’accomplissement de son désir. Si l’amour est véritable, aucune autre loi morale n’est nécessaire. C’est pourquoi St Augustin affirme : "Aime et fais ce que tu veux. "

 

Il est pourtant évident que les hommes, la plupart du temps, succombent à l’amour de soi qui leur fait choisir les faux biens.

"Des biens extérieurs, nous devons seulement faire usage au profit d’une fin plus haute, la béatitude en Dieu. Si toutefois, ce sont des biens extérieurs, et de nous-mêmes, que nous jouissons, alors nous manquons le véritable but de l’amour. "

 

Saint Augustin fonde la tendance de l’homme à faire le mal sur le péché originel dont l’homme s’est rendu coupable au début de son histoire. Il ne peut s’en délivrer par ses seules forces et dont il relève de la grâce de Dieu.

 

4. Sa conception de l’histoire : les deux cités

 

Sa conception de l’histoire exposée dans son œuvre La Cité de Dieu exerça une grande influence sur la philosophie de l’histoire en Europe. La prise de Rome en 410 par les Wisigoths d’Alaric fut l’occasion d’une très profonde réflexion pour Augustin. "La ville qui avait conquis l’univers est à son tour conquise. "

 

La cité humaine n'acquiert de sens qu’à travers là Cité de Dieu : la cité terrestre, celle des hommes, reposant sur l'amour de soi, se construisant sur la possession, se trouve transfigurée par celle de Dieu modèle de l'amour, lieu idéal. La cité terrestre s'inscrit dans un devenir spirituel illuminé par la cité de Dieu, devenir sacré où s'exprime la providence divine.

 

L’histoire est à comprendre comme la lutte entre deux royaumes : le royaume de Dieu face au royaume terrestre. Chacun des deux est fondé sur une forme différente de l’amour :

"Deux amours ont bâti deux cités, l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité de la terre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité de Dieu. L’une se glorifie en soi, l’autre dans le Seigneur. L’une demande sa gloire aux hommes, l’autre met sa gloire la plus chère en Dieu, témoin de sa conscience… Au sein de la cité divine, l’unique sagesse de l’homme est la piété, qui fonde le culte légitime du vrai Dieu, et en assure la récompense dans la société des saints, où les hommes sont réunis aux anges. " La Cité de Dieu, vol 2, Livre XIV

 

Les normes de la cité terrestre excluent Dieu, mais la cité de Dieu n'est pas l’antithèse et le refus de la cité humaine Au contraire la cité de Dieu est la cité des hommes vivant selon la loi de Dieu.

 

La pensée d'Augustin ne saurait se réduire à un manichéisme simpliste qui définirait le salut du monde comme le conflit de ses deux modèles, une cité du Bien contre une cité du Mal. L'évêque n'oublie pas en Augustin, I'homme : il dit que la dialectique des deux cités est d'abord intérieure et personnelle.  L’achèvement de l’idéal de la cité antique peut se faire au contact de la foi chrétienne.

 

C'est au cœur même de chaque homme comme au sein de toute société humaine que les deux cités cœxistent. Dans l'usage qu’ils font des biens, la fin propre diffère selon que les hommes se réfèrent à l’une ou à l'autre des deux cités. Les citoyens des deux cités se servent des mêmes biens, les uns pour leur salut, les autres pour leur perte. Mais le développement de la cité de Dieu ne se réalise que par l’utilisation du même univers, dans les mêmes cadres sociaux, dans les mêmes structures temporelles que ceux de la vie terrestre. Car pour Augustin, toute vie est avant tout sociale.

 

Pour atteindre un tel bonheur, il faut donc être citoyen de la cité de Dieu et participer à son éternelle béatitude. La foi chrétienne répandue dans toutes les cités terrestres rassemble les citoyens de toutes ces nations et les conduit tous « vers ce sabbat qui n'aura point de soir... vers ce royaume qui n’aura pas de fin . » (XX11-30)

 

Conclusion

 

Augustin a réuni en une puissante synthèse à la fois l'héritage d'une culture antique dont il n'a cessé de se réclamer et les développements de toute la pensée chrétienne, un mélange nouveau dont héritera en partie le Moyen Age. La métaphysique augustinienne, caractérisée par le rôle central de Dieu et par l'intériorité des voies qui mènent à lui, exerça une influence très nette sur les divers systèmes philosophiques médiévaux et classiques. Ce qui fait sa grandeur, c’est d’avoir fait servir les principales institutions du platonisme à l’élaboration d'une sagesse dont ses successeurs pourront s’inspirer. Avec saint Augustin, la culture antique cède définitivement la place à une autre vision.