Jeudis Philo

Voltaire (1694 - 1778)

Conférence par Brigitte Boudon

 

Il est sans doute le représentant français des Lumières le plus connu du public. Son œuvre comprend des satires, des romans, des drames, des ouvrages historiques, des milliers de lettres et … des ouvrages de philosophie.

 

Mais la lecture contemporaine de Voltaire relève peut-être d’un malentendu. Que lit-on aujourd’hui de Voltaire ? Ses Contes, au premier rang desquels Candide, quelques morceaux du Traité sur la tolérance, quelques articles de son dictionnaire philosophique.

On continue de le ranger – sans trop savoir pourquoi- parmi les « philosophes «  des Lumières, mais on ignore tout ou presque de sa philosophie. Voltaire est l’homme qui rit ; son ironie légendaire, ses passes d’armes, ses raccourcis occultent en même temps la gravité des sujets où elle s’exprime. On se divertit certes, mais on oublie souvent derrière ces jeux de l’esprit les crises qui les ont fait naître.

 

Un homme de liberté et d’action

Voltaire est un philosophe au sens où l’entendait son temps. Un homme de liberté et d’action qui examine les faits sous le contrôle de la raison, et dont l’analyse critique s’étend à tous les domaines de la pensée, y compris la religion. Pour Voltaire, l’esprit philosophique est d’abord un esprit de tolérance et de modération. L’enthousiasme excessif ne peut conduire qu’au fanatisme.

 

« Je ne sais avec quelle fureur le fanatisme s’élève contre la philosophie. Elle a deux filles qu’il voudrait faire périr, ce sont la Vérité et la Tolérance ; tandis que la philosophie ne veut que désarmer les enfants du fanatisme, le Mensonge et la Persécution. »

 

Voltaire n’est pas seulement ce défenseur pacifiste de la liberté de pensée. Sans être un vrai savant, il se tourne résolument vers la science, l’art, l’histoire. En revanche, il récuse volontiers les systèmes et désapprouve les métaphysiciens qui parlent tous à la fois, sans s’entendre.

 

Allergique aux constructions déduites a priori, il admire ceux qui apportent des réponses dictées par les résultats de la science expérimentale. Il encense Newton en qui il voit un héros de la pensée capable de percer les secrets du Créateur, ainsi que Locke qui opère dans les sciences de l’homme une mutation tout aussi importante.

 

Tous les moyens sont bons pour vulgariser cette méthode de pensée : les traités didactiques, les contes, les anecdotes, la dramatisation, les métaphores etc.

 

S’il n’est pas un grand philosophe, Voltaire n’a éludé aucune des questions importantes que se posait son siècle. Il donne son avis sur tout. Mais il accepte aussi que certaines questions restent sans réponses, notamment celles sur l’origine de l’homme et sur Dieu.

 

 

Sa vie

 

Né à Paris d’un père notaire, le jeune François-Marie Arouet s’est d’abord fait connaître comme bel esprit et poète mondain. Ses impertinences lui coûtent un séjour forcé en Angleterre de 1726 à 1729, où il découvre Locke et Newton.

 

Les Lettres anglaises publiées en 1734 où il loue le caractère progressiste de la politique et de la philosophie anglaises, l’obligent à quitter Paris. Il rejoint Mme du Châtelet à Cirey-en-Champagne, où il écrit un Traité de métaphysique pour son usage personnel et les Eléments de la philosophie de Newton.

 

Après la mort de Mme du Châtelet en 1749, il accepte l’invitation de Frédéric II à Postdam, emploie ses loisirs à rédiger son Siècle de Louis XIV (1751), à écrire notamment un Poème sur la loi naturelle, et un conte, Micromégas en 1752.

 

Brouillé avec Frédéric, il quitte la Prusse en 1753. Indésirable à Paris, il achète une propriété près de Genève, où il rédige l’Essai sur les mœurs publié en 1756.

 

En 1759, il s’établit à Ferney, dans une retraite sûre, près de la frontière suisse. Il est en correspondance avec l’Europe cultivée et se lance dans ses célèbres campagnes contre l’intolérance et l’injustice (affaires Calas, Sirven, Lally …), publie le Traité sur la tolérance (1763), le Dictionnaire philosophique en 1764.

 

De retour à Paris en 1778, il est accueilli triomphalement et meurt peu après la représentation d’Irène, sa dernière tragédie, au cours de laquelle son buste est couronné sur la scène.

 

La « philosophie » de Voltaire est disséminée dans une œuvre immense. Ses interventions sur le libre arbitre, l’existence de Dieu, ou celle de l’âme apparaissent autant dans les contes, les pamphlets ou la correspondance que dans les Lettres philosophiques ou le Traité de métaphysique.

 

Esprit philosophique assurément que nous allons découvrir à travers quelques-unes de ses œuvres :

 

Lettres philosophiques - 1734

 

Ces 24 Lettres rédigées entre 1729 et 1733, après les années d’exil en Angleterre, sont appelées « lettres anglaises » ; elles n’affichent pas d’intention subversive mais par le tableau admiratif qu’elles peignent de la société anglaise, elles sont une critique virulente de l’Ancien Régime, ce qui explique la censure qu’elles ont subie. Elles sont un véritable défi aux autorités politiques et religieuses de la France de 1730.

 

Elles décrivent la vie religieuse, diversifiée et tolérante de l’Angleterre, ses institutions politiques, ses grands philosophes et hommes de science, sa littérature et la condition enviable des hommes de lettres.

 

Des Remarques sur les Pensées de M. Pascal leur sont jointes, où Voltaire oppose au désespoir « fanatique » du janséniste l’image rassurante d’une humanité qu’un heureux instinct « emporte sans cesse vers l’avenir », dans un monde soumis aux sages décrets de la Providence.

 

Ainsi, la description ironique des quakers dans les premières lettres permet-elle à Voltaire d’introduire deux idées qui, à elles seules, suffisaient à condamner l’ouvrage :

. que la pluralité religieuse est un gage de liberté, de paix, de bonheur pour le pays qui l’autorise ;

 

. mais surtout qu’une pratique religieuse sans sacrements, sans cérémonies, sans corps de prêtres n’est pas moins conforme à la raison naturelle et à de nombreux passages de l’Ecriture que celle des catholiques.

 

Les Lettres consacrées à la philosophie et aux sciences sentent également le soufre … Voltaire oppose la tradition intellectuelle française où le génie expérimental est méprisé, où la déduction à partir de principes posés a priori demeure la voie légitime de production de connaissances et la méthodologie anglaise, avec notamment LOCKE et NEWTON qu’il présente comme des penseurs géniaux ignorés sur le continent.

 

Pour Voltaire, ce n’est pas un hasard si de telles révolutions de la pensée se sont produites en Angleterre ; c’est parce que cette nation s’est donnée progressivement les conditions d’un libre exercice de la réflexion critique. Economie de libre-échange, pluralisme religieux, monarchie parlementaire font partie de ces éléments qui permettent de penser par soi.

 

Ces Lettres philosophiques, par les polémiques qu’elles ont suscitées, constituent une étape importante dans le mouvement des idées au 18ème siècle. Mais elles marquent aussi un tournant décisif dans la vie intellectuelle de Voltaire, jusqu’alors essentiellement consacrée à la poésie.

 

Traité de métaphysique – 1734

Cet ouvrage, qui n’était pas destiné à la publication, a été sauvé in extremis des papiers que Mme du Châtelet avait recommandé de brûler après sa mort. Il est intéressant pour étudier les convictions philosophiques de Voltaire, hors polémique….

 

Ce Traité est le résultat d’un effort de clarification de ses convictions métaphysiques. Cet opuscule métaphysique se compose de 9 chapitres : origine de l’homme, existence de Dieu, origine des Idées, existence du monde extérieur, de l’âme, de son immortalité, le libre arbitre, la sociabilité de l’homme, la morale universelle.

 

Voltaire y réfute le matérialisme athée et disqualifie certains dogmes théologiques.

 

C’est ainsi qu’il juge insuffisante la preuve a priori de l’existence du divin par l’idée d’un être infini, que chacun porterait en soi. Car cette idée, transmise en réalité par l’éducation, n’est pas universelle. De même, la preuve par les causes finales, suffisante pour des esprits grossiers, est faible d’un point de vue métaphysique et ne garantit que la probabilité d’un artisan suprême intelligent et non la certitude d’un être infini ayant créé le monde ex nihilo.

 

A ces preuves insuffisantes, Voltaire en oppose une autre, empruntée à Locke, qui fait naître l’idée de Dieu d’une interrogation sur l’existence : j’existe, donc quelque chose a existé de toute éternité ; ou c’est moi-même, ce qui est absurde, car je ne suis pas Dieu ; ou c’est un Autre nécessaire, qui ne peut être la matière : Dieu existe.

 

« Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer, mais la nature tout entière nous dit qu’il existe. »

 

Voltaire nous parle d’une matière ayant parmi tous ses attributs celui de la pensée. Une telle hypothèse ne ruine pas le libre arbitre ; le sentiment intérieur de notre pouvoir d’agir prouve justement l’existence du libre arbitre. Donc, pas de déterminisme ni divin, ni provenant d’une matière sans intelligence.

 

Ce premier essai métaphysique n’est pas sans défauts, mais il révèle une bonne connaissance  des questions débattues par la libre pensée au début du 18ème siècle et défend le flambeau de l’expérience, convaincu d’éviter ainsi les impasses « romanesques » des métaphysiques déduites a priori.

 

Eléments de la philosophie de Newton - 1741

 

Ils furent écrits dans l’intention de faire connaître au public français les travaux de Newton que la majorité des membres de l’Académie des Sciences, d’obédience cartésienne, refusait encore de prendre au sérieux.

 

L’œuvre de Newton incarnait aux yeux de Voltaire ce qu’il attendait d’une philosophie : une approche rationnelle et empirique de l’univers, débarrassée des « romans » a priori des cartésiens et adaptée aux capacités limitées de l’entendement humain. Corrélativement, une confirmation scientifique de la présence d’un ordre du monde, donc d’un horloger.

 

La première partie de l’ouvrage expose les principes de cette « métaphysique de Newton ». L’existence de Dieu y est démontrée a posteriori par les « desseins variés à l’infini, qui éclatent dans les plus vastes et les plus petites parties de l’univers. »

 

L’espace et la durée sont des propriétés essentielles non de la matière, mais de Dieu qui a créé celle-ci par un acte de volonté pleinement libre et non, comme l’affirme Leibniz, en fonction d’un principe de raison suffisante extérieur à lui ; quant aux hommes, il leur a offert une parcelle de liberté tout en les soumettant à des lois morales naturelles.

 

Ce qu’il admire chez Newton, comme chez Locke, c’est son empirisme, son déisme, son anti-cartésianisme.

 

C’est une image nouvelle du monde que sa « métaphysique » laisse entrevoir : elle place l’homme dans un univers soumis à des lois mécaniques (gravitation, sens de rotation des planètes, inclinaison de leur axe sur l’écliptique …) librement choisies par Dieu ; elle éloigne le spectre hideux de l’athéisme et évite le fatalisme de ceux qui identifient les comportements humains aux vibrations d’un pendule.

 

Les deuxième et troisième parties sont consacrée à une présentation de l’optique et de la mécanique de Newton, que Voltaire se propose de restituer dans une perspective historique.

 

Voltaire vise surtout à montrer que l’acte fondateur de la science nouvelle ne tire pas son origine dans la coupure de Descartes qui a pourtant apporté une définition correcte de la lumière et des couleurs, mais surtout dans le travail obscur de générations d’observateurs et d’expérimentateurs modestes et patients, ayant préparé la révolution newtonienne, en excluant l’esprit de système et les déductions a priori.

 

Dans le contexte idéologique où les cartésiens tiennent en France – pour peu de temps - le haut du pavé scientifique, Voltaire voulait vulgariser une physique nouvelle, mais aussi faire connaître à un public cultivé ses présupposés métaphysiques et de le convaincre de leur pertinence. Il y a contribué efficacement.

 

Essai sur les mœurs - 1756

 

Il s’agit d’un essai sur l’histoire universelle. Il souhaite montrer que le travail historique, même s’il a pour objet la totalité de l’aventure humaine, peut acquérir une rigueur et une utilité comparables à celles qui prévalent dans les sciences de la nature. A la condition de ruptures décisives par rapport à la tradition historiographique : le renoncement à l’européocentrisme, l’intégration du politique dans un champ historique global (les « mœurs »), l’examen critique de la tradition documentaire trop souvent déformée par la crédulité et le fanatisme.

 

« Observe, interroge, doute », telle est la devise qu’il lance à ses confrères historiens.

 

Il souhaite comprendre le processus essentiel de l’histoire universelle, les révolutions de l’esprit humain. Il donne aux événements un double aspect : une historicité pleine, mais aussi l’abolition de celle-ci dans la révélation d’une nature essentielle dont les déterminations se déploient à travers la diversité des mœurs.

 

« L’objet est l’histoire de l’esprit humain, et non pas le détail de faits presque toujours défigurés : il ne s’agissait pas de rechercher, par exemple, de quelle famille était le seigneur de Puiset, ou le seigneur de Montlhéry qui firent la guerre à des rois de France ; mais de voir par quels degrés on est parvenu de la rusticité barbare de ces temps à la politesse du nôtre. »

 

Il applique ainsi à l’histoire les méthodes expérimentales du savant. Plutôt que de lire les gros livres de ses prédécesseurs, il traque la vérité là où elle est restée, c’est-à-dire à la source. Il cherche des témoignages, les preuves, recoupe les faits avant de les juger comme établis.

 

Histoire d’une humanité en procession autant qu’en mutation.

 

Car dans ce lent cheminement de l’espèce humaine, de la « rouille de la barbarie à la politesse des mœurs, le fonds est partout le même, et la culture produit des fruits divers. »

 

Cet invariant naturel n’agit pas dans l’histoire selon les voies les plus simples puisqu’il engendre à la fois le processus irréversible de la civilisation et détermine le cours irrégulier, capricieux, par lequel il s’actualise.

 

Si la raison humaine, présente chez tous les peuples, même les plus sauvages (moralité universelle, croyance en l’existence d’un être supérieur, amour de l’ordre …) garantit l’avènement à terme d’un monde conforme aux droits naturels de l’individu, et donc déiste et tolérant, les passions et les préjugés contrarient sans cesse ce développement positif ; ils sont les souverains de cet « empire de la coutume » où les attributs du naturel ne se laissent plus percevoir.

 

Il écarte donc la Providence de l’enchaînement des événements. La succession des faits ne peut s’expliquer que par l’analyse des causes naturelles, et non par le recours à une intervention divine. Il faut explorer tout ce qui constitue une civilisation, les courants d’idées, le progrès technique et scientifique, le commerce, les arts … Le travail d’historien est donc un travail de longue haleine.

 

Là aussi, on peut adresser bien des reproches à ses conclusions car son tempérament transforme parfois son observation et son jugement. C’est qu’au fond, il conçoit l’histoire comme une pédagogie destinée non à informer les hommes du passé, mais à les instruire des erreurs à ne pas commettre ou des modèles à suivre. Tous les moyens sont bons pour former « l’esprit public. »

 

Ainsi, il a exagérément flatté les civilisations chinoise, hindoue ou musulmanes, simplement par ce qu’elles n’étaient pas chrétiennes. Mais il rompt du même coup avec les découpages qui reflètent la domination culturelle européenne.

 

On lui doit la notion de « philosophie de l’histoire », expression qui investit les hommes de la responsabilité d’un devenir, celui de leur civilisation.

 

 

Candide ou l’optimisme - 1759

 

L’ouvrage obtient un succès considérable (20 000 exemplaires vendus dans l’année 1759). Il reprend un procédé déjà utilisé dans Zadig : Voltaire lance ses héros dans le vaste monde.

A la poursuite de Cunégonde, Candide fait un grand voyage sentimental et philosophique.

 

Une sagesse dégagée de la politique et de la métaphysique …doctrine d’un bonheur minimal.  Nous sommes embarqués, et quoi qu’on fasse, il faut faire avec ….

 

Le philosophe ignorant – 1766

 

C’est le premier ouvrage de Voltaire où les questions philosophiques qui jusque là avaient reçu un traitement partiel, sont abordées de manière systématique.

 

L’ouvrage, œuvre « d’un homme qui ne sait rien – se construit autour de 59 doutes.

Le premier principe qui commande les suivants, se nourrit du constat de notre ignorance : « une barrière infranchissable » nous sépare de la vérité.

 

Quoique l’expérience de la pensée conduise bien souvent au désespoir, « je ne laisse pas de désirer d’être instruit, et ma curiosité trompée est toujours insatiable. »

Ni stérile curiosité, ni vaine érudition, Voltaire entend être instruit, il veut comprendre.

 

Son projet philosophique est inséparable de son inquiétude personnelle.

Dieu, l’âme, le corps, l’espace, le temps ; la liberté, le bien, le mal, sont pour Voltaire d’abord des questions vitales.

 

Il présente une réfutation sommaire contre Descartes : sa physique est un roman, et sa psychologie contraire à l’expérience. Nous ne connaissons que par expérience, ; or, celle-ci ne nous livre que des apparences, ce qui nous condamne à ne rien savoir de l’essence des choses. C’est le secret de la nature, elle ne l’a dit à aucun mortel.

 

Le monde est proprement un mystère, et l’idée selon laquelle nous pourrions un jour en découvrir le secret est contradictoire, car dans cette hypothèse, je serais le Dieu de moi-même, ce qui est incompatible avec ma nature.

 

Forme de pessimisme récurrent chez Voltaire.

 

Voltaire admire et se tait. Le monde est une merveille. « Rien n’ébranle en moi cet axiome, tout ouvrage démontre un ouvrier. » Mais l’artisan suprême est incognoscible et je sais seulement que je dépends de lui.

 

A l’époque des Eléments, c’est l’idée de relation qui prévalait, maintenant c’est celle de dépendance : c’est Dieu qui me donne des idées et non pas la matière. Mon impuissance est le corrélat de sa toute-puissance. Dieu seul peut donner à la matière le pouvoir de penser, car rien n’est impossible au Créateur.

 

Dieu est un géomètre éternel, architecte, horloger, un être souverain.

 

Il admire Spinoza pour sa méthode géométrique mais l’idée d’un Dieu faisant corps avec le monde le choque, car du coup sa transcendance s’évanouit. La cosmologie de Voltaire suppose un Dieu ordonnateur et providentiel. Spinoza se trompe, mais de très bonne foi.

 

Critique de Leibniz et aussi de Montesquieu : Voltaire considère que la loi morale, le juste et l’injuste, sont les mêmes partout. Si dans le plan physique, la loi de gravitation est uniforme, sur le plan moral, celle du juste et de l’injuste ne peut souffrir le relativisme.

 

Le sens moral qui nous fait reconnaître l’humanité chez l’Iroquois, ou tout autre homme n’est pas inné.

 

« Quel est l’âge où nous connaissons le juste et l’injuste ? L’âge où nous connaissons que 2 et 2 font 4. »

 

Voltaire met le doigt sur l’identité rationnelle de l’humanité. Et la preuve, il la trouve chez Zoroastre, chez les brahmanes, chez Confucius, Pythagore, Epicure, les Stoïciens etc. Chez tous les sages de l’antiquité, en un mot.

 

 

Dictionnaire philosophique – 1764 - 1769

 

Plusieurs fois réédité du vivant de son auteur, c’est un dictionnaire portatif : trois cents pages pour faire le tour de toutes les connaissances et rêves de l’humanité.

 

Encyclopédie de poche, ouvrage collectif auquel participent d’autres gens de lettres, sage précaution contre d’éventuelles poursuites. Ce dictionnaire ne se veut pas une interprétation faisant système, mais, selon quelques lignes directrices, une réflexion très personnelle, appliquée à tout ce qui passe à sa portée.

 

Voltaire combat la sottise des dogmes et de la superstition. La religion de Voltaire apparaît comme une instance morale chargée de rappeler aux hommes qu’ils sont tous frères.

 

Voltaire a mené la lutte sur deux fronts : contre le Dieu incarné du christianisme et ses représentants, contre l’athéisme de ses amis philosophes qu’il combat au nom de la raison.